Le 5 juin 2020 à 4h30 du matin, l’alerte est donnée par un chalutier ayant un marin malade à bord de son bateau. Le CROSSA Étel engage la SNS142 de Quiberon et le Dragon 56.

Il est un peu plus de 4 heures, dans une météo mauvaise avec beaucoup de vent de une mer bien formée, quand le patron du bateau « Fabien Melissa II » appelle le CROSSA ETEL pour leur signaler être en avarie moteur et avoir un de ses marin malade et présentant des symptômes inquiétants.

Après quelques minutes d’analyse et de télé-consultation avec le CCMM, l’ordre est donné d’engager des moyens de secours pour le chalutier. La SNS142 et le Dragon 56 sont engagés en même temps afin de venir en aide au chalutier.

Le pilote du DRAGON 56 raconte l’intervention au Télégramme :

Le chalutier se trouve dans le sud-est de Lorient pour une trentaine de nautiques (55 km). La météo est changeante, nous traversons un gros grain réduisant la visibilité à zéro, puis nous apercevons le bateau. Le vent a forci à 35 nœuds (60 km/h). Ce qui aurait pu être une simple opération de treuillage sur bateau se corse car le chalutier est en panne moteur. Il dérive au gré du vent et des vagues. Il est petit (11 m) et les antennes sont très hautes. J’aurai donc très peu (voire pas du tout) de visuel lorsque nous serons à sa verticale.

« Transbordement inenvisageable »

Compte tenu de la configuration du bateau et de sa dérive, nous n’avons pas le choix : il faut déposer le sauveteur hélico au centre du bateau entre les antennes, les rambardes et le chalut. Après deux tentatives, il est déposé sur le pont. Il se décroche en un temps record et descend à fond de cale s’occuper de la victime.

Nous restons en attente derrière le chalutier. Entre-temps, la SNS142 (Quiberon) arrive sur zone. Je leur demande si un transbordement du blessé est réalisable (la récupération par treuillage à partir d’une SNS est chose facile). Nous travaillons régulièrement avec ces marins aguerris aux opérations de secours en mer et, surtout, ils peuvent prendre route et vitesse adaptée à l’opération de treuillage. Malheureusement, les conditions de mer sont telles qu’un transbordement est inenvisageable.

« Stabiliser le chalutier »

Mais nous profitons de la présence de la SNS pour leur demander de stabiliser le chalutier en passant une remorque et en le tractant à vitesse réduite. Cela devrait nous permettre de bénéficier de quelques secondes de stabilité. Car pour la remontée, il faut que le croc arrive directement dans la main du sauveteur, puis qu’il s’accroche avec la victime. Ensuite il fait signe au treuilliste qui entame la remontée à condition que l’hélico soit encore à la verticale du bateau.

« Victime déposée au Centre Hospitalier de Lorient à 6 h »

La SNS passe donc une remorque au chalutier et commence à prendre la route que je lui ai demandé à vitesse très lente. Ce choix était le bon : la séquence de remontée du sauveteur et de la victime se déroule parfaitement. Le bateau stabilisé par la SNS se comporte plutôt bien, même si ses mouvements brusques me font parfois perdre le visuel sur le petit bout d’étrave. La victime est déposée au Centre Hospitalier de Lorient à 6 h. La présence de la SNS sur cette opération nous a permis de récupérer la victime dans des conditions acceptables. Le CROSS Etel, qui connaît parfaitement son métier, avait sans doute flairé le coup et a donc bien fait de déclencher la SNS142. Ne pas oublier l’extrême professionnalisme du treuilliste et du sauveteur hélico. Sans eux, rien ne serait possible ».

Source : LE TÉLÉGRAMME https://www.letelegramme.fr/morbihan/lorient/le-pilote-de-dragon-56-raconte-une-intervention-au-large-de-lorient-10-06-2020-12564345.php?fbclid=IwAR2v_1aXrO4weMM0SdN7q4DGecE5jvJe14CUTrAa4MwnF32b8RDoBoOGj8U