Samedi 15 aout 2020, un très violent orage a touché la Baie de Quiberon, Houat et l’île d’Hoedic.
David Savouroux, plaisancier au coeur de l’orage, raconte comment il a vécu ce moment terrible et surprenant où les éléments se sont déchaînés.

 » Bravo aux Gars de la Snsm !

Hier soir, comme beaucoup je me suis fait prendre au piège de la météo. J’ai pourtant consulté les bulletins, mais à quelques centaines de mètres du mouillage de la grande plage de Houât, j’ai dû renoncer à cet abri, emporté par la violence des éléments. Je me suis mis en fuite, cul au vent, haussières à l’eau pour rester dans l’axe de la grande colère, et surtout… ni trop vite, ni trop lentement.

Je pense à Moitessier et ses conseils dans Cap Horn à la voile. Quel mec !

Je me suis couché plusieurs fois… Et relevé doucement mais très exactement autant de fois que je me suis couché… Les bons comptes font les bons amis ! Le bruit était dantesque, la lumière étrange….tantôt grise presque ardoisière, tantôt aveuglante presque luminescente.

Je n’ai jamais vu ni ressenti une telle chose… En même temps je n’ai pas forcément vu grand chose.

Cela a duré 2 heures. J’ai croisé d’autres bateau x comme moi en fuite. A la faveur d’un grain, le vent a légèrement faibli, j’ai viré doucement, suis allé timidement à l’avant et ai hissé mon petit tourmentin que j’avais préparé je ne sais pourquoi, alors que tout était si calme dans la Baie.Le bruit sec de l’épaisse toile au vent… Un chant de sirène ! Puis j’ai pu faire un peu de cap dans cette poisse sans nord. »La Mer va me laisser passer… »

J’ai enfin vu des lumières, pas blanches comme celle des Cardinaux… ou paraît-il du Paradis, mais bleues, plus exactement celles de gyrophares très nettement au-dessus de l’horizon. Un éclair monstrueux a fini de me rassurer en me montrant cette silhouette si familière du bois d’Hœdic. Passage à l’ouest de la Chèvre, tourmentin affalé, pleins gaz.Retour au présent et fin du passé « composé »! On me regarde entrer et manoeuvrer. Habituellement, je déteste ça mais là, c’est différent… On me regarde… Je suis bien donc bien là, entier dans ce lieu si familier. Je suis cuit !

Le reste est finalement comme le début : de la littérature. Je ne suis pas croyant ni superstitieux mais une fois au sec, je me sers un grand verre de rhum que je partage avec mon petit canot et avec la grande Mer. Brave gars ce bateau! Pour la Mer, c’est bien elle qui décide toujours! Pas de discussion possible sur ce point.

Mon admiration va au final aux gars de la Snsm, et c’est là que je veux en venir. Impossible hier soir pour moi de me coucher. Alors, assis sur mon petit roof, je suis resté un long moment à observer ces presque soldats mariniers manoeuvrer brillamment dans le port. Ce sont je crois tous des bénévoles et gens de mer, souvent et finalement anonymes tant ils repartent si humblement au terme de leur office. Je n’ai pas eu besoin d’eux… Cette fois… Mais quel réconfort de voir ces gars-là dans de tels moments ! Bravo à eux ! « 

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